Récemment, David MacKenzie a déjà évoqué le hors-la-loi au sens large avec son brillant Comancheria (à voir d’urgence) et avait deja montré son talent avec le brutal Les poings contre les murs. Il revient ici avec en tête d’affiche l’Ecosse, sa brume et son Game of Trone post Braveheart. 

L’Ecosse est ici sous le joug d’un roi contesté avec en leader de cette révolte Robert Le Bruce (campé par l’excellent Chris Pine qui montre encore une fois son meilleur visage après Comancheria). Il s’agit d’évoquer son combat et ses sacrifices pour parvenir à reprendre un trône longtemps convoité mais qui parait difficilement atteignable pour les siens.

Le choix fait ici est d’évoquer la naissance d’un roi au travers du personnage de Bruce. Il est question de sacrifices et de ce qui fait les grands rois mais aussi de ce qui définit  la royauté au sens noble du terme (et en opposition avec la tyrannie). En effet, outre les menaces pesantes sur sa famille chacun de ses alliés et proches sont traqués puis abattus de la manière la plus abjecte possible. On notera d’ailleurs un choix net au regard de la violence pour laquelle MacKenzie ne fait aucune concession et montre tout. Un choix judicieux permettant de retranscrire la terreur qui pouvait régner. Les diverses attaques et avancées narratives évoquent clairement le choix inhérent à une révolte :  du sang et des larmes. 

Côté réalisation, on saluera tout d’abord la photographie léchée qui magnifie une terre écossaise comme rarement au cinéma. De la brume matinale en passant par des falaises vertigineuses, le film est un balai visuel qui se poursuit lors des phases de combats. Lisibles et nerveuses, elles se démarquent par leur âpreté et brutalité. Les teintes maussades  et l’ambiance créées apportent au film un profond mélange de mélancolie et de poésie qui ne parvient ps hélas à élever le niveau global du film. Dans sa globalité, le film séduit la rétine et parvient à surprendre comme ce plan sur le bateau rappelant vaguement un certain Aguirre..

En effet, si l’habillage et certaines séquences valent le détour (le trébuchet en introduction marque l’ampleur de la terreur en quelques secondes), le film est globalement peu intéressant. Pour plusieurs raisons mais la principale et le classicisme de sa trame et son manque de profondeur. Le personnage de Le Bruce est peu creusé et aurait mérité plus de profondeur émotionnel tout comme le personnage de la solaire Florence Pugh. Là où on aurait aimer de la surprise et du grandiose, le film nous sert du déjà vu et cela s’avère décevant quand on connait le talent de son réalisateur.

Sans être mauvais, Outlaw King reste un film banal qui ne marquera pas mais permettra de passer un bon moment.

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