On se souvient encore de BuriedRyan Reynolds tenait le spectateur en haleine enfermé dans un cercueil sous terre. The Guilty entreprend un chemin similaire puisque son intrigue se déroulera entièrement au travers d’appels téléphoniques qui feront évoluer le film dans un climat, il faut le dire, anxiogène au possible.

Asger Holm est un agent du service d’appels d’urgence 112. Il reçoit les appels de personnes en détresse et au besoin transfert les informations aux services de police ou médicaux qui prennent le relais. Au cours d’une soirée particulière pour lui, Asger reçoit un appel d’une femme victime d’un kidnapping et voit sa soirée prendre un tournant radical.

Sans révéler les tenants et aboutissants de la trame, il faut commencer par évoquer le remarquable procédé utilisé. En effet, le film parvient à dérouler ses événements par le seul biais d’appels. A ce titre, le travail sur le son est saisissant de précision tant chaque émotion véhiculée prend le spectateur aux tripes. La détresse d’Iben, la peur de la petite Mathilde et la colère de Rashid sont autant de moments que l’on vit comme si les personnes nous étaient familiers. Cette proximité tient aussi au déroulement de l’intrigue qui joue sur l’ambiguïté de son personnage principal. En effet, le poste qu’occupe Asger est le résultat d’une sanction disciplinaire dont les causes se dévoilent par petits bouts faisant de cet homme un etre dur à lire. Son abnégation devant le kidnapping révèle à la fois sa bonne volonté dans le travail mais aussi un rejet des procédures. Un anti-héros dont la rage intérieur n’a de cesse de croitre et s’accapare l’écran.

The Guilty pourrait certes paraitre limité de part sa structure et son procédé narratif mais il n’en est rien. En effet, la réflexion que porte le film sur la vision que nous avons les uns des autres est totalement pertinente. Nous découvrons Asger et on ne peut que le détester de prime abord : arrogant, expéditif dans ses appels et même moqueur. Il n’a pas les qualités nécessaires à sa tache complexe. Pourtant, l’affaire qu’il va prendre en charge va révéler ses qualités humaines : abnégation, capacité à réconforter une enfant perdue et même parler à coeur ouvert dans un film déchirant. The Guilty parvient en moins d’une heure trente à extraire la complexité des êtres et l’irrationalité qui parfois nous anime.

Pari osé que celui de tenir tout du long une forme narrative cloisonnante, The Guilty confine le spectateur à l’agoisse en déroulant une trame forte et riche en émotion.  

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