Tel un serpent en plein désert, un immense train brise le silence des étendus sableuses dans une Amérique profonde et dont on n’image pas l’existence. Le bruit de la machine apporte un vent de changement et de tourments à venir. Quand un homme habillé de noir en descend, il porte en lui l’empreinte du funeste aussi bien passé que présent.

Un homme est passé est une oeuvre dont la parenté est dure à établir. En effet, l’habillage du film fait d’emblée penser à un western. Le décor tout d’abord car la ville se compose d’éléments inhérents au genre : une gare, un motel et une sorte de saloon. Ensuite la population : un shérif, un docteur et des cow-boys. Cependant, l’arrivée de John J. Macreedy perturbe cet environnement. L’homme est vêtu d’un costume sombre et son bras gauche handicapé (toujours dans sa poche car il cache une blessure de guerre) en font un emblème du film noir (notons d’ailleurs qu’il n’est pas sans rappeler le mémorable personnage de Furie de Fritz Lang joué par le même Spencer Tracy). Toujours en alternance entre ces deux genres, le film bouscule les codes en remplacent les chevaux par des voitures et le méchant par une entité : le village.

Clairement, le cadre posé par Sturges est admirable d’efficacité et la technique impeccable qu’il offre ajoute un plus non négligeable. Il est l’un des premiers à tirer tout les avantages du cinémascope en offrant des prises de vues remarquables. L’opposition entre le héros et ses antagonistes est faite au travers non seulement de l’attitude mais aussi des choix de plans. Tout d’abord, Macreedy modélise le mouvement et donc la justice. D’un calme olympien, il avance d’un pas sur et est toujours filmé à hauteur d’yeux. Du coté des locaux, les plans sont en contre-plongé et l’on a droit à des plans fixes où les antagonistes sont immobiles et réduit à des abrutis incapables d’initiatives. Le jeu sur le cadre est primordial ici et permet l’inversion dans les rapports de forces sans paroles inutiles. A noter aussi que pour un film noir, il est étonnant que l’essentiel de l’action se déroule de jour mais l’on observera que le personnage de Macreedy est souvent filmé sur un coin ombragé comme pour masquer encore plus un homme dont on ne sait que peu de choses avant le final.

Porté par un Spencer Tracy imposant, ce film est western noir à la technique impeccable.

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