Violemment battu et déclaré cliniquement mort, un homme se réveille amnésique et redémarre une nouvelle vie à défaut de se rappeler de l’ancienne. Recueilli par une mini-communauté de démunis à la sympathie inégalable et transpirant la bonté de coeur, l’homme se voit offrir tout ce dont il a besoin : un toit, de la nourriture, des amis et surtout la chaleur humaine.

Récit au combien riche, L’homme sans passé recèle des trésors cinématographiques mis au service d’une narration tout en finesse. Partant avec les codes d’un film noir (l’agression), le film se mue en une reconstruction complète d’un homme que l’on pensait perdu. Commençant peu à peu à sortir la tête de l’eau, l’inconnu se construit une maison dont le charme fou ferait oublier qu’elle se trouve au milieu d’un tas de déchets. Il se trouve même un travail et une petite amie. Tout roule pour lui et quand bien même un abrancadabantesque hold-up le conduit en prison, il y a toujours une main tendue pour le sauver.

Tirant adroitement les ficelles de la comédie, Aki Kaurismaki offre à son film des pointes d’humour au combien atypiques comme ce garde qui parle de son chien d’attaque hannibal ou encore les dialogues surréalistes du héros avec sa petite amie. Dans cette Finlande imaginaire où les gens se soutiennent les uns les autres, où le misérabilisme n’a pas sa place, tout semble magique et on a l’impression d’être en présence d’un conte fantastique. Cet aspect est renforcé par les passages musicaux où le texte met en lumière de manière subtile les enjeux dramatiques de l’intrigue. Kaurismaki dresse une ambiance spéciale de part l’apparence austère de sa réalisation où chaque plan est un tableau soigneusement agencé. Les dialogues sont aussi spécifiques car très monocordes et jamais vous ne verrez quelqu’un rire ou crier. Ceci pourra en rebuter certains mais pour peu que l’on plonge dans cette univers le contraste entre les propos et l’attitude des protagonistes est un habile atout conférant au récit une force tranquille qui lui sied à merveille.

Les films de ce genre sont rares, trop rares. L’homme sans passé est de ces films qui, en plus de laissé un souvenir impérissable, trouve de l’optimisme même dans la tragédie. Un film qui réchauffe le coeur, ni plus ni moins.

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