Baignés dans une douce rêverie, Joe et Katherine semblent rouler vers un destin des plus heureux. L’amour naissant irradie autour d’eux et nous ferait oublier les tracas du reste du monde. Le pessimisme Langien se donne donc pour mission d’enrayer cette machine du bonheur par une autre machine aux dents acérées et qui, quand elle s’enraye, brise tout sur son passage : l’ordre, la morale et l’homme…surtout l’homme.

Découpé en deux parties antagonistes, Furie n’est pas une romance comme le laisserait penser son introduction à double vocation (introduction des personnages et sa vision optimiste du monde) mais bel et bien un film sur le système judiciaire. Plus précisément, un film qui tend à dénoncer nombre d’appareils judiciaires et d’entités symboles de l’ordre comme la police (et leur enquête foireuse) ainsi que les hommes politiques qui s’inquiètent davantage de leur futur réélection que du bien être de leurs électeurs.

Au travers du personnage de Joe Wilson qui incarne la victime de ce système corrompue, nous découvrons les faces sombres de la nature humaine que materialise cette superbe scène de la prison où l’exagération des expressions faciales (via une succession de multiples plans et images symboliques) des villageois accentues l’impression de folie qui a pris le pouvoir de la ville. Renforcée par des chiffres affolants, l’attitude de ces foules incontrôlables est révélatrice d’un mal plus profond, plus ancré que le film mets parfaitement en avant avec le procès où les habitants n’hésitent pas à bafouer le silence imposé dans une cour de justice après avoir moqué le représentant de la loi lui-même.

Outre cela, le film oppose aussi la vengeance d’une part stupide des habitants à celle de Joe dont la perversité atteint des sommets. En effet, si les villageois sont pour la plupart des idiots succombant à une hystérie collective, Joe, quant à lui, est bien plus que cela. Il suffit pour cela de voir la froideur et la determination avec laquelle il annonce son plan pour se venger (d’ailleurs la scène de sa réapparition est tétanisante de splendeur avec cette opposition noir/blanc dans sa tenue vestimentaire). Les thématiques de vengeance sont donc opposées en apparence mais dans un cas comme l’autre c’est une escalade émotionnelle qui conduit à un comportement extreme.

Vision noire de l’humanité qui dénonce habilement les dysfonctionnements de notre société, Furie impose par sa noirceur et son discours une réflexion profonde au spectateur mais il n’oublie pas de laisser une fenêtre ouverte à la lumière avec le personnage de catherine.

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