Le cinéma offre parfois des moments glauques, désagréables et même difficilement soutenable l’instar de l’introduction de Bad Boy Bubby qui nous montre le quotidien d’un enfant….de 35 ans. Bubby vit emprisonné dans un appartement avec sa mère qui l’humilie, le prive de tout contact humain (en lui disant que le monde extérieur est dangereux car irrespirable), le viole et lui refuse toute humanité. Horriblement malsain, le début de ce film laisse soucieux quant au reste de la trame narrative et pourtant…le plus beau peut naitre de l’horrible.

Une fois Bubby échappé de ce cauchemar, il découvre le monde avec la candeur d’un enfant et tout les traits qui font l’innocence des tout petits. Bubby se heurte à un monde rude où la misere, le rejet de l’autre et l’indifférence semblent être un mode de vie naturel et acceptable. Ainsi, il croise un groupe de musique qui va l’adopter et avec lequel il va transformer ses malheurs en source de bonheur pour un public acquis à sa cause. Il croisera la route de personnes handicapés et parviendra à communiquer avec elles, faisant ainsi montre d’une forme de don pour le contact humain. Bref, Bubby va devenir un humain et tout ce qui en fait la beauté.

Clairement, Bad Boy Bubby est une oeuvre singulière tant son déroulement intrigue. En effet, l’on se questionne sur les motivations de l’auteur avec ce personnage profondément décalé de tout standard scénaristique car Bubby n’a pas vocation à sauver des vies ni changer le monde. C’est d’ailleurs relativement tardivement qu’apparait le rôle de Bubby au cours d’un concert où son talent de chanteur (rappelant un certain Nick Cave tant physiquement que vocalement) irradie et fait entrer une foule en transe. Bubby n’est autre qu’un symbole de la vie et de sa célébration tant il parvient à redonner la joie et le bonheur à toutes celles et ceux qu’ils croisent. Angel, qui deviendra sa femme, témoigne de cet état de fait dans une scène venue d’ailleurs où il porte dans ses bras une femme handicapée suspendant le temps et créant l’émotion la plus pure qui soit.

Les multiples références visuelles renforcent l’aspect symbolique de l’oeuvre. Qu’il s’agisse d’éclairages mettant en lumière Bubby, d’un cadrage quasi-christique (la tenue de prêtre de notre héros renvoyant clairement à cela) ou encore de musiques purement religieuse rien n’est laissé au hasard et les diverses rencontres montrent clairement la volonté scénaristique d’aborder plusieurs aspects de notre société. Bien entendu, il n’est nullement question de radiographier le monde mais au travers des yeux de Bubby, un regard plus simple, plus direct nous est offert ce qui donne un point d’attaque inédit sur certaines thématiques comme l’exsitence de dieu. C’est d’ailleurs un contrepoint parfait que nous propose l’oeuvre. Bubby porte un habit de prêtre et rêvet une position quasi mystique et la scène où l’existence de dieu est questionnée. On voit alors apparaître de manière originale le sens de la vie où l’humain prime plutôt que la supposée existence d’une entité supérieure qui regirait la vie et ce que l’on en fait. Brillante idée que cette mise en lumière qui fait basculer l’oeuvre du sordide vers le poétique avec une émotion atteignant des sommets de sincérité.

Dérageant, malsain mais paradoxalement profondément touchant, Bad Boy Bubby est un cadeau savoureux du cinéma Australien qui mérité assurément le détour.

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