La musique est devenue de nos jours un compagnon du quotidien pour beaucoup. Transportable et facilement accessible, c’est un art qui s’apprécie facilement et force la réunion des gens. Mais c’est aussi un art intimement lié au cinéma comme l’a démontré récemment Damien Chazelle avec le succès de La La Land. Quand Edgar Wright délaisse ses délires zombiesques et ses cornettos, on connait déjà le résultat avec notamment le renversant Scott Pilgrim où la maestria technique et narrative du jeune réalisateur s’est illustrée de manière spectaculaire. Le voici aux commandes de ce qui s’apparente à l’une des oeuvres marquantes de l’année.

La volonté de Wright apparait en exactement 30 secondes à l’écran. Le démarrage du film obéit à un montage millimétré où se croisent deux événements permettant de situer l’univers du film. D’un coté un conducteur se prête à une chorégraphie dans son siège sous la direction de Jon spencer et son Blues Explosion. De l’autre coté, des braqueurs réalisent un casse. S’engage alors une course-poursuite d’une fluidité à toute épreuve qui inscrit le conducteur et la musique comme les héros du film grâce à une démonstration impressionnante de technique et d’intelligence. On retrouve alors Edgar Wright tel qu’on l’aime : percutant, drôle et inventif.

Orienté autour d’un jeune pilote surdoué et souffrant d’un trouble auditif, Baby Driver orchestre plusieurs braquages dans lesquels Baby, le héros, fait montre de ses talents de conducteur hors du commun. On peut le lire dans quelques commentaires de-ci de-là : le film est un film de braquage musical. Pas vraiment, la portée de l’histoire va bien plus loin que cela car Baby Driver est une quête, celle d’un homme qui se cherche un avenir et noie son quotidien en se promettant un futur plus propice au bonheur. Cet aspect se dessine notamment au travers du quotidien de Baby qui se résume à une dette et un passé lourd à porter. Le schéma du film rentre d’ailleurs dans ce cadre car chaque braquage se conclu par un retour dans l’ombre où vit Baby. Constante dans l’oeuvre de Wright, l’amour semble ici dessiner un échappatoire aussi poétique que fantasmagorique. La rencontre de Baby et Deborah renvoie à celle de Scott et Ramona : une découverte hasardeuse mais qui devait se faire. Ainsi, la rencontre débouche rapidement sur une romance vouée à la difficulté mais d’une évidence parfaitement retranscrite à l’écran. Le cadre narratif pourra sembler étriqué ou castrateur de part les enjeux déjà vus et revus mais se restreindre à cela pour une telle oeuvre serait une erreur grave. D’ailleurs, la galerie de personnages créée est un régal avec ce mélange de sales gueules dont on ne sait vraiment s’ils sont dotés d’une once d’humanité et/ou d’intelligence pour certains. On notera au passage un casting étincelant avec Jamie Foxx, Jon Hamm ou encore Kevin Spacey ainsi qu’un humour toujours aussi ravageur.

Baby Driver est une oeuvre qui remplit les coeurs de bonheur grâce à des touches scénaristiques disséminées de manière aussi discrètes qu’astucieuses. Tout d’abord, le montage obéit à la cadence donnée par l’introduction. Coupes sèches, changement radicaux de perspectives et encore de multiples plans séquences donnent à l’oeuvre une impression de mouvement perpétuelle qui se fait l’écho d’un des personnages centraux de l’oeuvre : la musique. Ne nous le cachons pas, Baby Driver est une réunion de merveilles avec cette collection parfaite de morceaux. Jon Spencer, Focus, Dave Brubeck ne sont que quelques des artistes qui dynamitent le cadre en offrant à nos oreilles un voyage des plus fantastiques. On se surprend à taper frénétiquement en rythme, à être transporter dans l’écran et à vibrer. C’est simple, le bonheur procuré par l’action ne cesse jamais et la musique du film permet un retour dans l’univers immédiat même des jours après l’avoir vu.

Baby Driver est un film rare, de ceux qui répondent à la fois à ces deux questions :

Pourquoi j’aime le cinema ? Pourquoi j’aime la musique ?

Edgar Wright signe une oeuvre qui rentre directement dans les coeurs et les fait vibrer.

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