La recette Marvel est étonnante car capable de produire du sympathique comme ce Civil War bourré d’humour et d’action mais aussi des indigestions sévères comme Avengers 2. Il est alors plus que salutaire de croiser la route des gardiens de la galaxie qui se posent en défenseur de l’original et du plaisir cinématographique car qu’on se le dise : en sortant de ce film, on ressent un bonheur fou.

Ce bonheur irradie les premières minutes du film avec une scène d’introduction qui ancre la singularité de ces héros. Sur un fond musical savoureux (Electric Light Orchestra, Mister Blue Sky), un combat titanesque se déroule entre les gardiens et un monstre hideux. Groot redevenu minuscule branche deux câbles et lance le morceau puis se déhanche alors qu’au second plan la lutte va de plus belle. Métaphore inspirée, cette scène démontre la volonté du film d’aller plus loin que les apparences (film de super-héros) et ne pas laisser la lutte bien/mal être au coeur de la trame.

Groupe atypique, les gardiens de la galaxie est une escouade tiraillée entre son devoir et ses luttes intestines. Parabole universelle de l’entente et du consensus, cette équipe est au bord de l’implosion dans ses débuts et c’est alors que le film dévoile sa trame narrative. D’une part, le groupe doit échapper à une population dorée qui veut les tuer. D’autre part, les différentes relations entre les personnages vont servir le propos se cachant derrière cette lutte en jouant notamment avec la découverte du personnage d’Ego.

L’introduction évoquée plus haut pourrait à elle seule justifier la qualité technique de l’oeuvre (à noter que je l’ai vu en 3D et Dolby Atmos. En résumé : CA PULSE). En effet, la force première est la couleur qui illumine l’écran et nous en colle plein les mirettes. Outre l’animation remarquable de Groot et Rocket, la profusion de couleurs est un écho des plus intelligents au bonheur que procure le film. Un bonheur que l’on retrouve dans les scènes d’actions qui sont réparties de manière parcimonieuse et culmine dans un final explosif. Qu’il s’agisse de la flèche de Yondu qui livre une scène d’évasion sublime, le furtif Rocket qui fait planer des soldats ou encore un combat spatiale véritable ode aux space-operas sont autant de moments qui montre le soin apporté à ce projet. Un autre point clé est la lisibilité des scènes d’actions qui est ici exemplaire (pas comme dans Avengers 2 et bien d’autres Marvel). Que dire de la musique ! Le premier opus jouait fortement (peut être trop même) mais ici ce gadget sert le propos avec brio car c’est le coeur de cette oeuvre : la musique renvoie au passé et dans le cas de Star-Lord à la famille.

En effet, les retrouvailles de Star Lord avec son père montre la volonté du film de traiter du thème de la famille. Là où certains ce seraient limiter à cette relation, le film traite cette question pour chacun des membres et entrecroise les trames pour mieux creuser cette question. Dans l’ordre, tout commence par les retrouvailles de Gamora avec sa soeur captive chez les dorés. Ensuite, Ego retrouve son fils Star Lord. Par la même se créée une distension chez les gardiens entre Rocket et Quill qui les mènent à une rupture avancée. Dans tous cela se retrouve la traque de Yondu qui a élevé Star Lord. Un fatras d’apparence qui se révèle être imbriqué de manière intelligente. Pour faire simple, la famille est ici symbolisé par les gardiens qui se querellent pour des questions futiles et le non-dit crée alors des tensions insolubles. Les rancœurs, l’amour inavoué et la filiation prennent alors des allures de lutte que le film unis dans une trame narrative (un brin maladroite à cause notamment d’Ego et son projet) parsemée de moments de grâces. Pour preuve l’entente entre Rocket et Yondu est belle et offre une scène grandiose (jouissive même). Drax et Mantis apporte un pan humoristique des plus rafraichissants tout en servant l’avancé des rapports entre Quill et Gamora. Touchante et sincère est la famille qu’évoque le film avec certes une naïveté d’apparence que balaie l’humour omniprésent.

On en vient alors à ce casting impeccable et à la gestion exemplaire des personnages. Ayant une répartition homogène de temps (j’en ai eu l’impression en tout cas), aucun n’ait sacrifié au détriment des autres et on a vraiment à faire au traitement d’une équipe de personnages et non à celui des personnalités les plus forts (à l’opposé de l’omniprésence d’un Stark dans Avengers). Sachant savamment dosé ses vannes, le film fait mouche à de multiples reprises (notamment Drax qui se démarque avec son rire et Rocket qui brille par son parler piquant) tout comme l’adorable bébé Groot qui décrochera assurément des rires.

Techniquement sublime, doté d’une bande son enivrante (Father and Son de Cat Stevens pour finir le film est une idée brillante), d’un casting excellent, proposant un univers singulier et enivrant, les gardiens de la galaxie volume 2 sonne comme une oeuvre phare de l’univers Marvel en plus d’être un excellent film qui procure un bonheur de tous les instants.

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