Après un réveil de la force convenu mais jouissif et transpirant la passion inhérente aux productions J.J.Abrhams, Disney a mis en route la machine et nous propose un nouveau volet de la saga intitulé Rogue One. Apres J.J c’est autour du talentueux Gareth Edwards (Monsters) de tenter de s’illustrer avec un casting prestigieux : Mads Mikkelsen, Forest Whitaker et Ben Mendelsohn pour ne citer qu’eux.

Autant le dire de suite, quasiment rien n’est à sauver dans le film tant l’oeuvre transpire la fainéantise, le minimalisme et l’absence totale de volonté de proposer une oeuvre aboutie. Tout commence par cette bancale relation père/fille esquissée avec un pinceau de 30 cm de rayon. Cette idée d’une fillette abandonnée et dont le devenir du père est flou est en soi interessante mais son traitement est beaucoup trop grossier. En témoigne notamment ce passage où Felicity Jones pleure son père. Totalement manqué car il arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et surtout sans graduation des émotions du personnage. On ne manquera pas de parler du personnage de Forest Whitaker dont l’utilité se résume à une seule scène. On a d’ailleurs fortement envie de lui crier lors de cette scène :

Cours Forest.

tant sa fin est ridicule. Au milieu de ce marasme de personnages sans saveurs, on trouve Mads Mikkelsen qui n’a qu’un rôle mineur et qui se résume à instaurer les moments de chialade de sa fille. Notons aussi la présence du talentueux Ben Mendelsohn qui s’en tire plutôt bien. Quant au duo Diego Luna/Felicity Jones, c’est vraiment très mauvais. Le manque de contenance de ses personnages témoigne d’un manque flagrant de travail dans l’écriture (et dans leur prestation notamment pour Jones qui n’a aucun reflet dans sa prestation et souffre de son manque de charisme) car ni l’un ni l’autre n’a l’envergure d’un héros. L’histoire, quant à elle, rappelle fortement celle de la seconde guerre mondiale avec un cadre pessimiste et dénué d’espoir plutôt bien retranscris avec cette scène du conseil divisé. L’équipage Rogue One est une sorte de Suicide Squad qui se crée l’objectif de ramener les fameux plans de l’étoile noire. Evidemment, chacun des membres de l’équipage a son style : Ip Man avec son bâton en bois et ses yeux absents (Mention spéciale pour la scène où on lui mets un masque sur la tête alors qu’il est aveugle..), le gros avec son gros pistolet, Riz Ahmed avec sa tête de coupable, une dizaines de gars qui vont se faire fumer comme des saumons et un gars avec une ambiguité naissante au début du film qui s’évapore dès que Felicity croise son regard. Ce petit équipage fait le tour de la galaxie d’abord pour trouver Mads puis pars au combat pour récupérer les plans. Sous-tendu à ce voyage, le discours holographique de Mads ne manque pas d’idée car il décide de servir le mal pour aider la rébellion. Ce point est intéressant et aurait pu constituer un angle intéressant d’approche mais le film s’en défausse et le laisse au rang d’artifice servant à rentrer dans les clous de la sainte saga. Le point central du film est la bataille finale où le space-shooting prend le dessus dans un grand bordel plutôt réussi et lisible en dépit de scènes ridicules (le passage où Ip Man traverse un champ de tire en répétant :

je crois en la force.)

Mon bilan est outrageusement négatif mais est à pondérer. Non pas parce que je ne suis pas un fan absolu de Star Wars mais car Gareth Edwards a probablement eu les mains liées. En effet, parmi les questions intéressantes éludées, on trouve la relation entre Vador et le massacre du rôle de Forest Whitaker. Où sont passés les jambes de son personnage ? Vador l’a-t-il affronté ? Pourquoi refuse-t-il de s’enfuir ? Montré comme telle la scène est absurde alors que l’on sait pertinemment que Gareth Edwards n’est pas un pied de chaise et je me refuse à croire qu’il ait lui même décidé de ce montage. La machine Disney, on le sait, a un agenda précis et remplit de contraintes : le fan service et les apparitions de symboles en étant un symptôme tout comme le manque de sang et de violence visuelles permettent à la saga de ne pas être classé au rang des films violents pour ainsi générer un maximum d’argent. Tout ceci est préjudiciable à l’oeuvre car le matériel est là avec cet univers riche et renvoyant à des pans de notre histoire.

A la question :

Cet épisode serait-il le début de la Guez des étoiles ?

On répondra oui car si le film va exploser le box-office il ne restera qu’un film bâclé et bancal. Du réalisateur de l’immense Monsters, j’attendais mieux.

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