Au son d’une batterie lassée et vidée de sa substance, une guitare supplie que son calvaire s’achève et alors que l’on se croyait perdu une chose incroyable se produit. En apnée complète pendant plus de 9 minutes, les sensations se multiplient et créent tour à tour joie, mélancolie profonde et une tristesse infinie. Dans l’abyssale univers où l’on pénètre se trouve un homme qui, tel un être surnaturel, a vu l’enfer, à frôler la mort et est revenu plus fort, plus motivé que jamais. The Empyrean est le monde du guitariste John Frusciante et les 9 minutes que j’évoque sont seulement celles de l’introduction d’un album venu d’ailleurs.

La vie et la carrière de John Frusciante sont parsemées d’ascensions et de descentes toutes plus violentes les unes que les autres. En 1988, il devient le nouveau du groupe les Red Hot Chili Peppers et devient une rockstar suite au succès immense de Blood Sugar Sex Magik.. A l’instar de Kurt Cobain, ce succès lui est difficile à vivre et il sombre dans la drogue au point que sa vie s’écroule et il quitte les Red Hot. Tel Dante il revient de cet enfer pour l’album Californication puis participera à By The Way et Stadium Arcadium mais l’homme a envie d’être plus libre et lance sa carrière solo en parallèle. Il monte notamment le groupe Ataxia et multiplie les collaborations ainsi que les albums. Ainsi sortent Sounds From The Inside qui révèle une sensibilité artistique rare et aussi l’un de ses tout meilleurs albums Inside of Emptiness qui sonne comme une introspection de l’homme. Mais si l’on devait retenir un album parmi les autres, The Empyrean serait en tête de liste tant il parvient à radiographier la vie d’un homme, ses démons et son parcours artistique.

Dès l’introduction, qui captive avec son rythme variable et ses sons de guitares qui résonnent comme des cris d’une âme en détresse, Frusciante fascine. En effet, l’homme maitrise la guitare mais se révèle un compositeur de génie. Capable de jouer de tous les instruments, Frusciante semble ici à l’apogée de son art tant il maitrise chacun de ses pistes et offrent, avec une régularité inouïe, un voyage toujours plus épique. Pour preuve, les pistes suivantes : Unreachable qui sonne comme un écho d’un artiste qui se sent distancé du monde dans lequel il vit, Heaven qui appelle à une vie trop vite consommé qui consomme l’homme et le laisse hagard de regrets.

Captivant de bout en bout, ce disque est un voyage spirituel qui s’effectue à chaque fois que l’on lance l’album. L’intensité reste toujours la même et le bonheur prit à vibrer au son de la guitare de John ne diminue jamais.

Au-delà d’être l’un de ses meilleurs disques, The Empyrean serait une réponse parfaite à la question :

>Pourquoi aimez-vous la musique?

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