Né au Rock Hospital de Ballyshannon, le 2 mars 1948, Rory Gallagher est baptisé dans la Rock Church (non ça ne s’invente pas ce genre de choses). Des ses premières années, Rory commence à jouer de la guitare avec tout d’abord une guitare en plastique offerte pour ses deux ans puis une vraie guitare pour ses 12 ans. Très rapidement, il se produit sur scène en reprenant des morceaux de Chuck Berryou encore Elvis Presley. Première élément marquant de sa vie, sa rencontre avec une stratocaster. La guitare est miraculeusement remise en vente et le jeune Rory fait tout pour l’acquérir comme s’il savait que sa destinée commençait par l’acquisition de cet instrument. Très rapidement, le talent de Rory et sa volonté de devenir musicien le pousse à quitter l’école. Après de multiples tournées avec pour commencer le groupe The Fontana au sein duquel il vit des moments difficiles où il subit les violences d’un public hostile. Rebaptisé The Impact, le groupe de Rory parcourt les routes pour des cachets dérisoires et malgré une reconnaissance de son talent l’Irlandais aspire à mieux. Il fonde alors le groupe The Taste (le « The » sera abandonné plus tard) avec deux autres irlandais avec qui il partage les mêmes goûts (taste en anglais). Le succès sera alors au rendez-vous avec une reconnaissance par des grands de l’époque comme Eric Clapton qui l’invitera en première partie de son groupe Blind Faith ou encore le géant Muddy Waters qui en fera l’une des têtes d’affiche de sa légendaire London Session.

Préssentant la fin des possibilités du groupe, Rory est terriblement mal intérieurement. Depuis ses penchants avoués pour une musique plus orienté vers le free, la tension le ronge et il est vidé, épuisé. Pourtant, les choses se tassent et le malaise de Rory se dissipe pour finalement le pousser à monter le Roy Gallagher Band et lancer sa carrière solo. Véritable bête de scène Rory enchaine à un rythme quasi-surhumain les concerts avec des prestations avoisinant les 3h. Avec des séries de concerts en Belgique, en Allemagne et même à Belfast durant les attentats sanglants qui firent fuir la plupart des artistes. Rory ne se veut pas un symbole mais l’image renvoyé par Taste, groupe au combien symbole de l’absurdité des clivages rongeant le pays, en fera une marque d’apaisement. La cadence infernale des concerts conduit la guitare de Rory à le lâcher. C’est alors la panique car cette guitare est plus qu’un instrument pour Rory, c’est presque un membre de son groupe. Comme habitée cette guitare subit des déromations physiques qui abîment le manche mais fort heureusement pour Rory le temps faisant son oeuvre le manche se reparle de lui-même et il peut reprendre la direction de la scène.

Parmi les événements marquants de sa carrière, on note quelques collaborations avortées qui auraient sans doute données lieu à des moments de légendes. Tout d’abord, il y a Van Morrison qui avait montré un intérêt pour le travail de Rory sans toutefois jamais faire d’efforts pour le rencontrer. Il est à noter d’ailleurs l’attitude détestable de Morrison lors de leur première rencontre faillit à tout jamais brouiller les deux hommes, avant que Rory n’accepte une seconde rencontre où il sera prompt à oublier le passé pour monter un projet qui ne verra jamais le jour. Il y a ensuite cette tournée avortée avec les Rolling Sones. Rory était débordé mais souhaiter jouer avec le groupe mais le problème était qu’il devait en discuter avec Keith Richards, l’instigateur de l’événement. Problème : Keith n’est disponible que de 3h à 5h du matin. Dans un ultime élan, Rory se déplace et trouve Keith dans une sorte de coma éthylique et patiente toute la nuit en espérant le voir se lever, en vain. Pour terminer, il y a cette mésaventure avec Bob Dylan. Un soir après un concert un homme approche un ami de Rory et lui dit

J’aimerais vraiment beaucoup parler avec lui de son jeu et de sa guitare acoustique.

Après que l’homme est tourné les talons, l’ami de Rory comprend son erreur :

Merde, j’ai gaffé.

La vie de Rory est faites de moments de légende. Malgré sa courte vie, il a réussit à créer une discographie aussi variée que source d’inspiration intarissable pour les musiciens qui suivent ses traces. Véritable touche à tout, Rory s’est illustré avec ses compositions Rock pour commencer en offrant des morceaux qui sont désormais des standards. On pense à Cradle rock, Bad Penny ou encore Philby. Mais la musique de Rory est aussi dans le blues, ce genre musical qui colle parfaitement à sa perpétuelle souffrance intérieure. Il offrira aux genres des morceaux novateurs à plus d’un titre comme nous allons le voir avec la série d’hommage rendus dans l’album Fresh Evidence.

Cet album qui sera le dernier marque un retour au blues pour celui qui a marqué son temps avec son jonglage entre le blues et le rock. Pour du blues, il est à noter que l’album se compose essentiellement de morceaux écrits par Rory qui s’est entouré de claviers, d’accordéon et meme d’une section de cuivres pour nous offrir un album en forme de testament musical. Le morceau King Gloves se veut un hommage à tout les genres auxquels Rory s’est intéressé : blues, rock et jazz. Parmi les légendes du blues qu’il honore on voit dans Middle Name un homage à John Lee Hoocker. Hommage qui se lit dans le texte mais aussi dans l’instrumental et la composition du morceau avec notamment un harmonica supplication au possible. Parmi les sources d’inspirations, il y a l’un pères du british blues Alexis Korner qui est honoré par le biais du morceau Alexis. Notons aussi l’hommage au père de la quasi totalité des bluesman Son House tous avec le morceau Empire State Express qui nous renvoi au Mississippi avec le son de la guitare d’Eddie Son House. Morceau essentiellement vocal, ceci nous renvoi au talent du fondateur du delta blues avec sa rythmique simple à la guitare et ses variations vocales incessantes.

Apres la sortie en 1990 de cet album, Rory tombe malade. La faute n’est pas à mettre (en totalité) sur le compte de l’alcool qu’il consomme de manière équivalente à celle de ses compagnons mais le stress et l’angoisse qui le rongent. Poussé vers des médicaments qu’il gobe comme des bonbons, Rory voit son visage gonflé et son organisme sature le poussant à se faire opérer. Quelques temps plus tard, Rory n’est plus qu’une ombre à cheval entre coma et état végétatif, il finira par quitter ce monde à seulement 47 ans.

Artiste capable de tout faire et de réussir à s’imposer dans tous les domaines, Rory Gallagher est plus qu’un simple guitariste. Ceux qui l’ont côtoyé en parle comme d’un homme extraordinaire dont la principale qualité est son humanisme qui irradie le coeur de ceux qu’il croise. Rory est une légende, de celle qui vous marque à jamais, de celle qui traverseront les âges sans jamais voir leur beauté faner.

Rory est et sera pour toujours l’un des plus grands.

Mes conseils d’écoutes :

-Tatoo
-Top Priority
-Live at Montreux

Pour découvrir le bonhomme sur scène :

Bad Penny avec des solos époustouflants.

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