Déjà connu pour ses célèbres séries **The Wire** et **Treme**, David Simon est un scénariste engagé qui a pour thèmes de prédilection l’intégration, les tensions raciales et un enclin . Avec **Show me a Hero**, il s’attaque à une affaire qui secoua l’état de New York et plus précisément la ville de Yonkers en 1987.

Contraint de construire des logements sociaux dans le cadre d’une lutte contre la ségrégation présente dans la ville, la mairie doit faire face à la furia de la population (à majorité BLANCHE) qui est contre ce projet arguant d’arguments racistes et déplacés pour la plupart tels que *la drogue va venir dans nos quartiers*. Tout juste élu, le plus jeune maire de l’histoire **Nick Wasicsko**, qu’interprète à merveille **Oscar Isaac** (Inside Llewyn Davis, A Most Violent Year), doit faire face aux critiques et aux attaques de ses **con-citoyens** et celle du juge en charge de l’affaire.

**Un refus du changement qui cache un mal tenace : le racisme**

Au cours des premiers épisodes, l’accent est mis sur les débats concernant la construction des logements. Une vague impressionnante de protestataires est présente lors des débats rendant les échanges quasiment inaudibles à l’exception des opposants au sein de l’équipe de Wasicsko (nombreux). Déjà une première ombre se présente : il n’y a aucun membre de la communauté noire, qui est la plus concernée, pour les représenter : ils sont tout bonnement encore une fois mis à l’écart ce qui est ironique quand on sait que le projet vise à terme une meilleure intégration de cette communauté.

Entre arguments stupides émis par l’opposition et discussions stériles, la mairie se retrouve dos au mur : si les logements ne sont pas construits la ville sera ruinée la faute à une amende qui s’accroit de jour en jour. De plus, les opposants au sein de la mairie se voient menacés d’être emprisonné s’il ne font pas passer la réforme.

Passionnant et magnifiquement mise en scène, le vote de la reforme est palpitant de bout en bout avec un sommet dans l’épisode trois.

**David Simon : auteur sensible et engagé**

Outre une reconstitution fidèle de l’affaire, David Simon n’oublie pas (contrairement à une partie de la population de Yonkers) de mettre en lumière la population concernée par la reforme. Au travers de quatre portraits, ils distillent la vie difficile de personnes parfois à l’écart de la société sans motifs valables, entre une femme qui commence à perdre la vue mais qui parvient à mener une vie quasiment normale grâce à des enfants dévoués et aimants, une autre plus jeune qui doit mener de front un travail difficile et ses enfants, en passant par une opposante farouche à la reforme qui va se trouver changer par son combat.

L’un des enjeux de la série est de mettre en lumière une menace qui se cache pour mieux avancer : le racisme. C’est au moyen d’arguments stupides tels que la « perte de ce qu’on a construit pendant des années », « ils vont ramener la drogue dans nos beaux quartiers » que ce mal se dissimule bien trop souvent mais que la série énonce haut et fort notamment dans les épisodes 4, 5 et 6.

Assurément la balance entre les discussions pour la réforme, la vie de ces personnes et la mise en avant du racisme sonnent fort grâce à la réalisation efficace de Paul Haggis (**Collision**) et au scénario que ne sombre jamais dans le convenu.

*Montrez moi un héros et je vous écrirais une tragedie*

Clairement cette citation de Francis Scott Fitzgerald fait allusion au combat de Wasicsko, le plus jeune maire de l’histoire des Etats-Unis. Ancien policier reconverti en homme politique, il mène ce combat seul car ses propres collaborateurs pour la plupart des lâches ou des racistes affirmés le délaissent en savourant son échec. Mais peu à peu il se découvre des ressources et un courage pour faire ce qui est juste. La question qui se pose avec ce personnage est sur le fondement de ses motivations car il semble que le jeune Maire soit plus intéressé par sa carrière que part le combat au combien important que représente l’intégration. Il restera dans l’histoire que Wasicsko est un héros çar il a su s’ériger en défenseur d’une cause qui semblait perdue.

Série remarquable, **Show a Hero** catalyse un mal affreux qui ronge encore grandement les Etats-Unis et qui ne semble pas prêt de s’arranger comme le dit David Simon :

>L’integration prend une putain d’éternité.

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