Lento (Youn Sun Nah)

Posture immobile au milieu d’un pont, elle dégage déjà un je-ne-sais-quoi,
Une voix douce nous porte alors vers un autre monde,
Un monde où les cultures se mélangent, où les émotions s’entrechoquent,
Un monde féerique qui repose sur les épaules de la douceur incarnée.

Les acclamations du public se font de plus en fortes en cette nuit Viennoise. Sur une petite scène, une femme lance un timide
> Merci beaucoup.

Elle a les yeux qui brillent de cette lumière qui, plus que n’importe quel mot, évoque l’émotion qu’elle ressent face à son public. Pourtant, elle se lance à l’assaut d’un morceau venu d’ailleurs **Momento Magico** au cours duquel elle va effectuer une démonstration technique au travers notamment des rares respirations qu’offre le morceau. En quelques minutes, elle jongle avec les notes se permettant même un break dubstep dans un dernier souffle héroïque. Alors que le voyage se termine, la clameur du public ne s’y trompe pas en lui offrant une ovation grandiose. Dans les larmes de Youn Sun Nah on lit tellement de choses qu’on ne sait plus où l’on est, ni à quelle époque.

Le morceau précédent n’est qu’un extrait de **Lento**, un album d’une richesse inouïe tant il puise ses influences de part et d’autre du globe. De ses multiples voyages, la chanteuse Coréenne a tiré une richesse vocale qui sonne comme un appel à l’onirisme et au voyage sensoriel. Le morceau *Lento* offre un miroir à la douceur qui émane de la chanteuse que *Lament** balaye en proposant une voix plus forte qui clame haut et fort un message de lutte. Arrive ensuite une reprise venue d’ailleurs, opposée totale des versions de **Johnny Cash** et **Trent Reznor** celle de Youn Sun Nah mêle la fragilité à la déclamation. Avec ce morceau c’est la fracture interne qui est mise en exergue et donne un tout autre versant du texte d’origine qui contraste fortement avec le coté ecorché d’un Cash. Si la facture de beaucoup d’autres morceaux est similaire dans l’idée, chacun se voit conféré un univers different que ce soit par l’ajout d’un instrument ou une approche vocale plus osée. A noter le morceau *Ghost Riders In the Sky* qui a tout l’air d’un pétage de plomb et qui révèle une facette inattendue de la chanteuse, un coté rock et sauvage qui tranche avec le minimalisme affiché jusque là. Terminons par le morceau Arirang, un chant traditionnel qui berce l’auditeur après l’ouragan précédent notamment avec les sons marins en fond.

You Sun Nah mérite bien plus que le modeste texte que je lui offre, elle qui illuminerait même les journées les plus moroses. **Lento** est un voyage qui doit se faire dans la quiétude et qui vous apportera émotion et frisson à n’en pas douter.

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