Les cadavres amassés tels des animaux témoignent de l’horreur dans laquelle baigne la Birmanie. Femmes et enfants ne sont pas épargnés. Les corps putrifiés, mutilés, calcinés semble commun dans le sublime paysage que le soleil tente de faire rayonner. La brume masque l’horreur et vu de haut le pays semble plonger dans la quiétude. Les quelques bateaux qui parcourent les fleuves ne troublent que l’eau et ces occupants ne voient pas en les plus dangereux des serpents un ennemi car ils connaissent le visage du diable.

De Rambo, on retient essentiellement le premier volet qui dresse le portrait d’un homme traumatisé par la guerre du Viet-Nam. Au-delà de ça, l’habile vision qu’apportait Kotcheff aux traumas de la guerre du Vietnam en ne sombrant pas dans la facilité en n’exhibant pas une brutalité pure et dure et offrait à Rambo un aspect social plus que bienvenue. Le monologue finale, où toute la fragilité de Rambo s’exprimait, donnait l’image d’un enfant perdu sans la famille qu’étaient ses frères d’armes. Au sortir des années 80 et sous l’ère Reagan le personnage avait une portée toute trouvée mais qu’advient-il d’un tel homme à notre époque ? Peut-il être un moteur d’idées ou un symbole de lutte contre l’inhumain?

Qu’on se le dise l’apport du personnage que campe Sly n’a aucunement l’attrait d’un héros ou d’un sauveur, il n’est que ce qu’il a tant cherché à fuir. Rambo n’est plus l’enfant torturé qui clamait, dans un final brillant, l’abandon dont il a été victime. C’est un homme changé, une engeance faite et désireuse de violence, une sorte de divinité guerrière. Quand Harpocrate laisse place à la barbarie pure et dure, le premier sang versé n’est qu’un appel à la boucherie la plus sauvage.

Chargé de mener une expression afin de sauver des missionnaires qui pensent pouvoir changer le monde à coup de religion et de pacifisme, Rambo se voit collaborer avec une bande de mercenaires. Pourquoi reprendre les armes ? Pour suivre la belle Julie Benz ? En filigrane, on devine cette motivation mais l’irréalisme d’un tel amour s’inscrit dans la révélation qui sort du basculement morale de la jeune femme. La brutalité régit cette région au bord du chaos et elle n’est la place que d’une seule chose : le génocide pur et simple.

Rambo a versé son dernier sang et celui de milliers d’autres hommes pour offrir une série B qui carbure à l’hyperviolence et la brutalité la plus sanguine qui soit. Au sortir du film, on revoit poindre l’icône Stallone qui s’affranchit de toutes formes de cinéma policés et lisses pour s’offrir un dernier round et entrer au temple de la barbarie.

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