Sweet Tea (Buddy Guy)

Né en Louisiane, George « Buddy » Guy se tourne dès son plus jeune âge vers la guitare. Il en fabrique une de fortune avec un simple morceau de bois qui lui permet de se lancer dans la musique modestement. Il débarque à 21 ans à Chicago, la ville où se trouve deux de ses idoles qui ne sont autre que les les légendaires Muddy Waters et Howlin’Wolf. Sa carrière débute entre autre avec des albums de qualité enregistré avec Junior Wells et aussi des collaborations avec Muddy Waters, Eric Clapton au travers de live faits de standards du blues. Malheureusement, les années 80 marque une plongée dans une erre noire pour sa musique due à l’émergence d’autre genre musicaux mais aussi à un manque d’inspiration flagrant. Buddy Guy n’a pas eu encore la possibilité de marqué le blues de son empreinte mais la légende va se remettre en selle. En 1989, son club Legend ouvre et il sort le grandiose Damn Right I’ve Got The Blues qui marque son retour et une évolution dans son univers : Buddy Guy change son style pour devenir plus électrique comme si sa guitare avait mutée pour devenir plus agressive. Dès lors il multiplie les albums et les petites pépites. Avec Sweet Tea, Buddy est au summum du blues rock proposant un album sauvage, rutilant et sale.

A l’aube de l’an 2000, le blues rock n’est plus ce qu’il a pu être. De nouveaux artistes ont émergé comme Joe Bonamassa qui apporte sa pierre à l’édifice sans toutefois être encore l’artiste qu’il est aujourd’hui. Décidé à proposer du nouveau dans un genre musical d’apparence sage, il enclenche la marche arrière en enregistrant l’album dans le fin fond du Mississippi pour revenir aux racines du blues. Paradoxalement, l’album est un véritable ovni qui se démarque des productions existantes par sa puissance et sa structure déroutante.

Passé le premier morceau qui sonne le retour du blues classique : une guitare sage et une voix qui vous envoute, on se retrouve transporté ailleurs avec la suite de l’album car le trompeur Buddy Guy enchaine avec Baby Please Don’t Leave Me qui défriserait un mouton. Puissante introduction avec un riff lourd qui vous embarque dans les supplications d’un homme torturé qui crie à celle qu’il aime de ne pas partir. Affichant une durée de 7 minutes le morceau réussit le tour de force de constamment vous capter, vous toucher et vous faire voyager grâce entre autre à un solo Hendrixien. Irrégulier dans ses morceaux, l’album affiche des pistes à la durée très variable avec notamment un morceau de 12 minutes et pourtant le pari est remporté haut la main tant l’album est un sans-faute technique, un tourbillon émotionnel et un continuel bonheur qui se savoure encore plus après plusieurs ecoutes. On pourra évidemment se dire que l’essentiel du disque est fait de reprises mais qu’importe quand on entend la dernier piste inédite qui révèle le talent de son interprète qui parvient avec un piano et des sons gras à créer SON blues.

Buddy Guy l’a fait, il aura mis le temps mais il est une légende du blues au même titre que ses idoles. Capable de rajeunir le blues et de le réinventer, il incarne la modernité du blues rock du haut de ses presque 80 ans.

Mes conseils d’écoutes :

Play The Blues (Feat. Junior Wells)
Blues SInger
Born To Play Guitar

Un extrait pour découvrir la voix du bonhomme :

Damn Right, I’ve Got the Blues

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