L’union d’un frère et d’une soeur ouvre le bal poétique et frénétique au cours duquel le coréen sanglant va introniser sa désormais cultissime trilogie de la vengeance. Posté sur le toit d’un immeuble, l’immuable duo que forme Ryu et sa soeur comble notre coeur avec leur bonheur communiquant. Sur fond d’un texte larmoyant, le cadre se pose avec un homme sourd et muet à qui une radio locale offre la parole.

Porté par un fond de vengeance croisée, ce premier volet ne saurai être résumé à une simple vendetta aveuglée par le chagrin tant les thématiques sociales se croisent dans le film. A commencer par les conditions de travail infernales infligées aux ouvriers qui manipulent des matériaux dangereux toutes la journées dans des locaux inadaptés et qui se font virer sans reconnaissance aucune. Puis il y a l’impact de la crise économique qui frappe tout les protagonistes, Ryu bien sur mais aussi les membres des forces de l’ordre à l’instar de ce policier qui n’a pas d’argent pour pouvoir soigner son enfant malade en attente d’une greffe. On en arrive alors au point central du film qui déclenche tout : le traffic d’organes. Gangrène qui touche de nombreux pays d’Asie, comme la Chine ou encore la Corée du Sud, et qui conjuguée à une crise économique devient le terrain de trafiquants en tout genre à l’affut de personnes désespérées.

Un second aspect que développe le film est la relation familiale. En commençant par le duo formé par le frère et la soeur, les divers événements du film entraine des mutations de cette mini-famille qui accueille une jeune fille formant ainsi un trio beau à voir comme en témoigne la scène où Ryu récupère son argent et joue avec la petite fille. On ne peut aussi s’empêcher de voir le regret dans les choix des protagonistes qui tentent par tout les moyens de sauver leurs proches quitte à ne plus du tout passer du temps avec eux. C’est sans doute le plus dur dans la perte d’un être cher, le regret de ne pas avoir été là dans les derniers instants et le film s’attache à mettre cela en valeur en étant un peu timide à mon goût.

Techniquement, nous sommes en présence de l’opposé complet d’Old Boy. Privilégiant le plan fixe (à l’exception de quelques scènes motrices de l’intrigue où la caméra se mue légèrement), Park Chan-Wook nous offre une succession de tableaux où le poétique pointe toujours le bout de son nez. Pour exemple, les scènes du lac ou encore la scène d’introduction. Offrant aussi une musique dérageante, le film ne manque pas de créer une ambiance particulière qui profite d’un montage remarquable.

S’il n’est pas le volet le plus marquant de la trilogie, ce film ne démérite pas tant il se démarque par sa structure inédite.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s