MacBeth depuis son écriture par Shakespeare en 1606 a eu les honneurs de brillantes adaptations cinématographiques à l’image de la renversante version d’Akira Kurosawa. Ici c’est Justin Kurzel, un réalisateur australien de 41 ans connu pour Les Crimes de Snowtown, qui nous propose sa lecture de la pièce et sa vision du personnage de MacBeth.

L’une des qualités qui m’a frappé le plus en lisant la pièce la semaine dernière c’est la force de l’écriture de Shakespeare qui confère à cette pièce tout les atouts pour devenir le scénario d’un très bon film. L’écriture du personnage de Macbeth repond à ce que demande le travail du scénariste, un personnage dont l’évolution de se fait lentement pour renverser ses valeurs et le conduire vers un point de non retour. MacBeth incarne l’ivresse du pouvoir et l’aveuglement auquel peut conduire une ambition démesurée.

D’un point de vue adaptation du texte, Kurzel fait de l’excellent travail en conservant le langage de la pièce. La direction des acteurs est aussi à saluer car il n’y a aucune fausse note. Bien évidemment et comme il l’avait fait dans Hunger et ShameMichael Fassbender eclabousse le film de son talent et de sa puissante aura. On notera l’évolution de son regard tout au long du film qui evoque successivement la perte de repère, la folie et la haine. Pour Marion Cotillard c’est aussi une belle prestation qu’elle rend.

Mais si le film ne se limitait qu’à une simple interprétation de la pièce il ne serait pas aussi bien reçu. En effet, là où MacBeth en impose c’est bel et bien de part la réalisation de Kurzel qui sublime la tragédie. Première chose qui saute aux yeux : le début du film nous renvoie chez le danois Nicolas Winding Refn et son Valhalla Rising. Et ceci pour deux raisons : la brume et le fait qu’il statufie ses protagonistes.
En effet, les premières laissent place à la bataille au cours de laquelle MacBeth gagne le titre qui le conduira à sa chute. Durant celle-ci, effets de ralentis (pas toujours très bien synchronisés) et personnages immobiles sont légions comme pour ancrer dans l’esprit du spectateur l’importance de ces moments. On retrouve ce procédé plusieurs fois et le rendu visuel est remarquable. La musique n’est pas en reste même si elle est discrète (je fais ici référence à l’introduction du film où cette musique typiquement écossaise vous embarque en une fraction de seconde). Ensuite la photographie soignée et les effets de lumières portent hauts les variations de la situation des protagonistes en oscillant entre les teintes brumeuses des premiers instants qui catalysent le flou de l’avenir de MacBeth pour se conclure par la rage enflammé du combat final.

Travail soigné et réalisation astucieuse font de cette adaptation un grand film, dont la somptueuse photographie me hantera un moment, et augure d’une adaptation potentiellement de qualité pour la saga Assassin’s creed mais ceci est une autre histoire.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s