Projection immobile, Leonard fait face à la mer. L’homme perdu qui cherche au loin une réponse à son quotidien que l’on devine morose. L’éclairage balbutiant l’introduit comme un homme en déclin et enclin au pire comme sa pathétique tentative de suicide. La cause en est simple : une maladie rare (Tay-Sachs) et une fiancée qui l’a abandonné. Leonard se retrouve alors contraint de retourner vivre chez ses parents.

Après la claque infligée par le tentaculaire We Own The nightJames Gray nous propose un film multi-thèmes dans lequel il aborde note relation à l’amour, à la famille et la recherche du bonheur.

Tout commence par la rencontre de Leonard avec Sarah, une femme simple et à la bonté lumineuse. Au fils de discussions ils parviennent à nouer un lien que l’on croit être le début d’une belle histoire mais….

Fell in love with a girl,
I fell in love once and almost completely

(référence : https://www.youtube.com/watch?v=extvSzYfNOI)

Débarque alors dans sa vie Michelle qui vit dans le même immeuble que lui. Instantanément hypnotisé par cette femme, Leonard va tout faire pour la conquérir.

Le triangle amoureux qui se créé oppose deux visions de l’amour. D’une part, Sarah est la femme amoureuse déjà conquise qui n’a d’yeux que pour Leonard. De l’autre, Michelle est une enfant capricieuse qui semble jouer un jeu et mener Leonard en bateau. Problème ce dernier est aveuglé par cette femme qui n’est pas conquise et est entourée de mystères. Romantique aveuglé Leonard peine à y voir clair et se retrouve confronté à un choix dont l’issue sera cruelle.

Derrière la camera James Gray fait un travail remarquable. Filmant New York avec une puissance rare, il offre en plus une radiographie du couple et de la famille criante de vérité. L’opposition qu’il met en exergue entre Leonard dans « ses couples » et le comportement de son père (exemplaire avec sa femme) est intéressant. Ensuite on retrouve ses lents mouvements de camera qui accompagne les personnages à l’image du premier rendez-vous sur le toit entre Michelle et Leonard où la camera se déplace entre des pans de murs pour chaque question que Michelle pose offrant ainsi une gradation émotionnelle du dialogue. Les liens familiaux déjà brillamment abordés dans We Own The Night sont ici une fois de plus sur le tapis avec la cohabitation de Leonard avec ses parents et le travail qu’il effectue avec son père. On devine l’amour parentale et l’envie que leur fils s’épanouisse et devienne indépendant mais aussi l’inquiétude vis-à-vis de ses troubles mentaux. Tout ceci est faits par petites touches sans jamais être trop démonstratif ni moralisateur.

Two Lovers est un film d’une sobriété et d’une élégance rare qui ne laisse pas indifférent d’autant que Leonard est interprèté par un acteur au talent colossale, un acteur rare et brillant : Joaquin Phoenix qui porte le film avec son interprétation parfaite en tout point. James Gray prouve une fois de plus que derrière la camera il est un grand réalisateur.

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