En ouvrant sur Ball and Biscuit des White Stripes son film, David Fincher pose d’emblée le thème de son film : l’homme derrière Facebook et non pas le réseau social en lui-même comme on pourrait le penser. Le choix de la chanson n’est pas anodin car la particularité de cette chanson est qu’elle repose sur un riff qui se répète et des paroles dans lesquelles un homme tente de raisonner une femme. Face à face, Rooney Mara et Jesse Eisenberg se livre à ping pong verbal qui tient tout juste de l’exploit technique. Mêlant adroitement une multitude de thèmes, ce débat tient du slowburn tant l’impressionnant débit affiché par Jesse Einsenberg nous fait voguer d’un thème à l’autre. Que l’on ne s’y trompe pas, la mise en place des thèmes du film est là : l’exclusion social, culturel et plus clairement la solitude.

Rejeté dès la première scène, Zuckerberg tente alors de se venger comme il peut en créant un site permettant de comparer les femmes entre elles. Mais pas n’importe quelles femmes, celles que les gens connaissent personnellement. De cette vengeance stupide née l’idée que développe Fincher dans la plupart de ses films à avoir notre obsession pour le voyeurisme et surtout il peaufine la caractérisation de son personnage en nous rappelant que Zuckerberg n’est pas le dernier des tocards. La route du génie asocial se devine mais sa trajectoire ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans sa rencontre avec les jumeaux Winklevoss .

De cette rencontre, l’idée de Facebook va commencer à émerger à ceci près que les deux jumeaux, brillamment interprétés par le seul Armmie Hammer, veulent créer un réseau exclusif fait uniquement pour les gens d’Harvard. L’idée de Zuckerberg est alors diablement étonnante venant d’une personne aussi asocial puisqu’il veut en faire un réseau accessible à tous. De sa propre solitude il tire l’idée que personne ne devrait être mis à l’écart et surtout il mise la réussite de son site sur son coté cool. Cette opposition dans l’idée du réseau social globale va plus loin que la simple vision d’un projet, elle incarne l’opposition de deux mondes. D’une part celui des jumeaux, la haute classe à qui rien n’est inaccessible et qui a tout ce qu’elle désire et d’autre part celui de Zuckerberg où la vie est un combat de chaque instant pour parvenir à ses fins.

Film aux multiples facettes, The Social Network ne s’attarde que très peu sur le titanesque travail effectué par Zuckerberg pour créer son site car de son propre aveu

Ca n’intéresse personne de me voir coder.

En offrant, un récit qui relate les deux procès auxquels à du faire face l’inventeur de Facebook, Fincher parvient à mettre un récit à deux vitesses grâce à la double opposition que represente Eduardo Saverin (le meilleur ami de Mark) et les jumeaux Winklevoss. Traitant habilement son sujet, Fincher n’oublie pas d’offrir une réalisation parfaite en tout point avec par exemple cette fantastique parabole qu’est la scène de la course d’aviron où les jumeaux luttent jusqu’au bout mais finissent tout de même par perdre.

Porté par une mise en scène remarquable, des acteurs remarquables, une B.O remarquable, The Social Network est un portrait social plus qu’une simple histoire sur la construction d’une entité. En opposant, le social du réseau à l’asocial de son créateur on se retrouve paradoxalement avec l’un des meilleurs films sur la génération 2.0.

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