2027 : pas une naissance depuis 18 ans et celle d’un enfant star dont la mort provoque l’abattement en Grande-Bretagne mais pour Theo Faron (campé par Clive Owen) la nouvelle est d’une banalité sans nom.

Apocalypto

Plongé d’emblée dans le chaos par la détonation sourde d’une bombe qu’un groupe secret appelés Les Poissons aurait posé. L’atmosphère est lourde, pesante et déprimante. Des cages où des femmes et des hommes sont parqués comme du bétail et des endroits qui font penser à des camps de concentrations. Au delà de l’absence de nouveaux bébés, c’est surtout l’espoir qui est mort sauf pour une poignée de personnes qui luttent en espérant encore à un miracle alors que le restant de la population patiente jusqu’à la fin, sans but et sans raison de croire à une amélioration ou à un nouvel espoir. Et pourtant, la jeune Klee apparait avec son ventre bien rond et alors tout change : des cendres et de la mort semble renaitre ce que l’on pensait perdu à jamais : l’espoir.

Pessimiste dans sa vision du monde et de la société dans laquelle nous vivons avec un clair parallèle avec la situation des migrants en Grande-Bretagne. La guerre qui oppose activistes et militaires va si loin que l’on perd de vue l’essentiel et la raison du combat, à l’image de cette sublime scène où le bébé dans les bras de sa mère traverse un couloir et sur son passage fige le temps pour marquer le précieux de la vie.

British jusqu’au bout des ongles (avec un hommage à Pink Floyd en prime), le film est marqué par la présence de morceaux britanniques de légende : Hush de Deep Purple ou encore le titanesque In the court King Crimson et d’autres. Rajoutons à cela le casting : Michael CaineChiwetel EjioforCharlie Hunnam et beaucoup d’autres qui sont tous irréprochables avec une mention spéciale pour Michael Caine qui est divin ici.

L’art du plan séquence

Ce qui frappe en premier dans ce film, c’est la réalisation d’Alfonso Cuaron. Immersive dès les premières secondes avec un premier plan séquence qui nous immerge rapidement et brutalement dans ce monde sans espoir. Filmant la plupart du temps caméra à l’épaule, le film est d’un réalisme saisissant. Ici les fusillades ne sont pas la priorité et la caméra se focalise sur Théo et Klee.

L’une des forces du film tient à cette technique cinématographique qui me fascine : le plan séquence. Il y en a deux qui ont retenu mon attention même si le film en contient plus. Le premier est celui de l’embuscade en voiture ou la camera suit une fusillade depuis une voiture et qui n’est pas sans rappeler la légendaire course-poursuite de La nuit nous appartient. Le second est celui où Theo court au milieu d’une fusillade entre l’armée et des rebelles, durant plus de six minutes ce plan est divin et parsemés de variations qui le rendent émotionellement fort. Visuellement, on est en présence d’un homme au sommet de son art : un virtuose.

Un film techniquement monumental, d’une puissance émotionnelle rare et traitant de sujets forts : un des meilleurs films de la décennie ni plus ni moins.

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