Voguant au milieu d’une ville déshumanisée par la technologie, Theodore mène une vie de solitaire. Pourtant, c’est un homme au coeur d’or et à la bonté aisément perceptible. Cachant ses failles en évitant le plus possible les contacts directs, il s’est forgé une carapace dans laquelle nul ne pénètre. Les failles de l’homme apparaissent alors au travers de doux souvenirs d’un amour qui semblaient si parfait en apparence, un amour d’enfance, un amour qui sonnait comme un évidence, un amour qui allait briser sa vie jusqu’au jour où il allait tomber sur un OS….Un os oui mais qui allait devenir la solution à son problème.

Déferlante visuelle dans un premier temps, le film dresse le portrait d’une société où les contacts semblent avoir disparu ou chacun s’enferme dans un compartiment et ne tient pas compte de ce(ux) qui l’entoure(nt). Un monde où l’on écrit pas soi-même ses lettres, un monde impersonnel, un monde où l’amour est la seule folie publiquement acceptable.

Au travers des yeux du grandiose Joaquin Phoenix, nous plongeons dans le grand mal de notre époque : la solitude. Car si notre société est plus que jamais connecté et permet de faire des rencontres aisément grâce à internet, il semble toutefois que ce trop plein de connexions en déconnecte plus d’un du monde réel. Ceux qui ont peur de faire face à la réalité ou qui comme Theodore ont pris trop de claques dans leurs vies pour pouvoir se relever et préfèrent ne plus prendre de risque quitte à s’éteindre à feu doux.

Imaginer alors que l’amour soit à porter de voix chez vous dans votre ordinateur, il paraitrait absurde de se dire que l’on puisse s’éprendre d’une conscience virtuelle, non ? Mais quand la divine voix de Scarlett vous ensorcelle et vous fait vous sentir heureux, désiré et aimé vous ne pouvez que céder car l’amour ne se commande pas et il se refuse encore moins. L’idée peut paraitre tirée par les cheveux mais le récit de Spike Jonze fonctionne à merveille car il ne sombre pas dans le ridicule, posant de vraies questions et offrant à chaque spectateur une vision (et des émotions) différente(s) fonction de son vécu personnel. La palette de couleurs dont fait usage Jonze est admirable tant elle mets en valeur ses personnages et l’histoire (les teintes claires pour Theodore pour marquer sa bonté). Notons aussi la photographie qui est d’une beauté inouïe (les plans sur Joaquin Phoenix sur les toits sont magistraux tout comme les jeux de lumières dans les scènes de flashback du début) et enfin le casting absolument parfait (Rooney Mara et Amy Adams notamment).

Her m’a bouleversé même un an apres sa vision en salle. Cette oeuvre trône parmi ces rares films qui non seulement font preuve d’audace mais en plus parviennent à vous toucher au plus profond de votre coeur.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s