1981, la grève de l’hygiène` et des couvertures débute en Irlande du Nord.

Les habitudes structurées et ordonnées sont un moyen comme un autre de se confondre dans une sorte de routine rassurante pour se protéger de la réalité. L’apathie est de mise et la violence devient un exutoire pour ce garde déshumanisé. Poings ensanglantés, il tente de contenir sa peur, lui qui trouve dans ce froid glacial un moyen de se relâcher au rythme de cette neige qui poudroie en son sein, le temps d’un plan hors du temps, révélant sa nature vacillante.

Bascule nécessaire à notre arrivée dans cet enfer, le jeune homme emprisonné se déshabille sous les yeux de gardes impassibles. Arrive alors le fracas de l’isolation qui peu à peu se mue en une contestation.

Une contestation que ce couloir composé de cellules va permettre de graduer. Car dans ce couloir tout s’unifie : le garde, la révolte et Bobby. Clé de voute de ce changement dans le propos, les mains en sang du garde posent le drap funeste qui va s’abattre sur les protagonistes.

Comme envouté, nous pénétrons dans un réfectoire où Steve McQueen ouvre une porte : celle de l’histoire. Avec une scène de 23 minutes composée d’une approche en trois temps, il va mettre en place le restant de son film et nous marquer pour toujours.

Pénétrant dans la salle le prêtre et Sands se jaugent. Avec la bible comme introduction, ils dévient sur la cigarette qui est leur seul lien. Le ping-pong verbal qui s’en suit est brillant car il permet non seulement de présenter Sands mais détermine aussi ses valeurs. Usant de la technique du slowburn, Sands mets le religieux sur la défensive et le pousse à se livrer. Le second temps est politique et Sands donne son analyse sur la situation de manière vindicative et invective le prêtre qui se trouve en position faiblesse. Portant l’estocade finale, il lui annonce sa décision de mettre en route une grève de la fin, une grève de la vie .

Apres un plan séquence de 16 minutes et un monologue de 5 minutes du grandiose Michael FassbenderSteve McQueen filme la lutte de Bobby Sands avec brutalité en ne nous épargnant rien de la dureté de sa vie : la lente mutation physique est à ce titre visuellement saisissante et laisse une marque ineffaçable de l’esprit du spectateur.

Pour un premier film, c’est un coup de maitre que réalise Steve McQueen avec l’aide de son fidèle acteur qui prouve une fois de plus qu’il est l’un des plus grands de notre temps.

Hunger est un bijou visuel qui sert un propos magistralement traité.

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