Après une renaissance flamboyante, Black Mamba touche à son but. Un flashback nous ramène sur terre et nous met à terre avec cette répétition du mariage qui sonne pour nous comme une accentuation d’un massacre déjà évoqué. La rupture avec le premier volet est flagrante et des les premières minutes c’est un combat contre les émotions qu’engage QT en nous livrant, en plus d’un film maitrisé, ce qu’il est. Ce qu’il a au fond de lui, une fabrique de sentiment que cache des torrents de sang. Kill Bill volume 2 est un film confession sur un réalisateur qui essaye de nous dire à quel point il est dur de dire adieu à quelqu’un. Qu’importe les douleurs passés, les querelles et les rancœurs : on pardonne tout (ou presque) mais on ne se pardonne que rarement à soi-même. L’image la plus forte étant le personnage de Bill dont on pensait après le premier volet qu’il était un boucher sanguinaire. En effet, ici il arbore l’apparence d’un père aimant rongé par le regret et les erreurs commises, un joueur de flute qui vous envoute. C’est sur ce point précis que Kill Bill se dévoile en ne nous offrant non pas une escalade de violence et de combats sanglants mais un virage à 180° pour se transformer en un film intimiste.

Traitement habile qui rompt avec le style graphique du premier, ce volume 2 délaisse la violence pour laisser place à l’éloquence : en témoigne, le massacre d’El Paso qui se passe hors-champs. Certes le combat conte Elle se fait sanglant et brutal mais il n’est que la continuité d’un retour fracassant d’Uma et dans la veine western insufflée à cette épopée vengeresse. Malgré de très légères longueurs, on ne peut renier l’indéniable puissance que confère QT à son personnage féminin qui contraste d’ailleurs avec les personnages féminins de Pulp Fiction. Uma Thurman est une nouvelle fois le coeur du film et parvient à nous toucher plus d’une fois notamment grâce à la découverte de son enfant qu’elle pensait ne jamais voir. Souvent taxé de trop bavard, le cinéma de Tarantino trouve ici une richesse textuelle savoureuse faite de textes forts et percutants à l’image du monologue de Bill sur les super-héros. D’ailleurs, quand il parle de Superman qui se cache du monde en devenant Clark Kent, ne fait-il pas référence à QT lui-même et sa tendance à se cacher derrière une violence outrageuse pour faire son cinéma ?

Oeuvre complète et touchante, Kill Bill est la plus intimiste de QT et se révèle une épopée humaine et magique. Un moment de cinéma marquant tout simplement.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s